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Fin du thermique en 2035 : ce que change l’accord franco-allemand

1 novembre 20264 min de lecture
Fin du thermique en 2035 : ce que change l’accord franco-allemand

Mi-octobre 2026, Paris et Berlin ont conclu un accord politique provisoire sur l’avenir de l’industrie automobile européenne. Au cœur du compromis : un assouplissement de l’objectif CO2 fixé pour 2035, en échange d’une préférence « Made in Europe » plus stricte. Pour les automobilistes français, la question est simple : que devient la fin du thermique en 2035 ?

Ce que contient l’accord franco-allemand

Selon Euronews et le Journal de l’Automobile, l’accord a été trouvé en marge d’une réunion des dirigeants de l’UE à Bruxelles, les 15 et 16 octobre selon les sources. Il vise à débloquer le « paquet automobile » européen, qui n’est pas encore adopté.

Le point central concerne les émissions de CO2 des voitures neuves. Les règles initiales de l’Union imposaient une réduction de 100 % à partir de 2035, ce qui revenait à interdire la vente de voitures neuves essence et diesel. En décembre 2025, la Commission européenne avait déjà proposé de ramener ce seuil à 90 %. Paris et Berlin s’accordent désormais sur cette base : les constructeurs devraient réduire de 90 % les émissions moyennes de leurs gammes d’ici 2035, sans devoir compenser les 10 % restants.

La France a également validé des flexibilités supplémentaires pour les véhicules hybrides, au nom de l’usage croissant de carburants dits renouvelables, comme les biocarburants. Le détail de ces mécanismes n’a pas été précisé à ce stade.

La contrepartie : une préférence européenne renforcée

Berlin réclamait plus de souplesse pour les constructeurs qui continueront de vendre des moteurs thermiques et hybrides après 2035. Paris, de son côté, voulait protéger ses usines face à la concurrence chinoise. Chacun a cédé du terrain :

Euronews évoque par ailleurs 70 % de composants fabriqués en Europe (hors batteries) et 10 % de contenu européen dans les batteries. Attention toutefois : le Journal de l’Automobile indique qu’aucun détail n’a encore été communiqué sur le niveau de contenu local. Ces chiffres sont donc à prendre avec prudence. Le périmètre géographique reste lui aussi en discussion : la Norvège, l’Islande, la Suisse et le Royaume-Uni pourraient être concernés sous conditions, tandis que le Maroc et la Turquie seraient écartés.

Un accord encore loin d’être définitif

Il s’agit d’une position commune entre deux pays, pas d’une loi. Le texte doit encore franchir plusieurs étapes. Le Parlement européen doit voter sur la proposition de la Commission en séance plénière à Strasbourg le 23 novembre 2026. Parlement et gouvernements de l’UE devront ensuite s’entendre sur l’ampleur exacte de l’assouplissement. La préférence européenne, elle, se joue dans l’Industrial Accelerator Act, proposé par la Commission en mars 2026.

Des résistances existent aussi côté allemand. Selon Euronews, la ministre SPD de l’Environnement défend une réduction de 95 %, les 5 % restants étant compensés par de l’acier bas carbone. L’Élysée assure de son côté que cette préférence évitera que les usines européennes ne deviennent de simples sites d’assemblage.

Ce que cela change pour les automobilistes

Rien ne change du jour au lendemain

Vous pouvez toujours acheter et conduire une voiture essence, diesel ou hybride aujourd’hui, et ce sera encore possible bien après 2035 pour les véhicules existants. L’accord ne concerne que les ventes de véhicules neufs, et seulement à partir de 2035.

Un marché de l’occasion qui reste stratégique

Si le thermique conserve une place en neuf après 2035, la valeur des modèles récents essence, diesel et hybrides devrait rester soutenue. À l’inverse, l’électrique continue de se développer : les offres de leasing et les nouveaux modèles abordables se multiplient, comme l’ont montré les nouveautés du Mondial de l’Auto 2026.

Des prix qui dépendront de la production européenne

Une préférence européenne peut encourager la production locale et les emplois, mais elle peut aussi peser sur le prix des véhicules si les composants sont plus chers à fabriquer en Europe. Les effets concrets dépendront des seuils retenus dans le texte final.

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En conclusion

L’accord franco-allemand ne signe pas la fin immédiate de l’objectif de 2035, mais il l’assouplit nettement : 90 % de réduction des émissions au lieu de 100 %, avec une place maintenue pour certains hybrides et carburants. Reste à savoir ce que le Parlement européen et les autres États membres en feront dans les prochaines semaines.

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