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Additifs métalliques : la nouvelle mention obligatoire sur les pompes à essence

6 septembre 20265 min de lecture
Additifs métalliques : la nouvelle mention obligatoire sur les pompes à essence

Depuis le 27 août 2026, une phrase peut apparaître sur certaines pompes des stations-service françaises : « Contient des additifs métalliques ». Elle découle d’un arrêté du 22 juillet 2026, publié au Journal officiel le 26 août et applicable dès le lendemain. De quoi inquiéter les automobilistes qui découvrent l’étiquette au moment de faire le plein. Pas de panique : cette mention existe en réalité depuis seize ans, et vous avez très peu de chances de la croiser dans votre station habituelle. Voici ce qu’elle signifie vraiment, et surtout ce qui change concrètement pour votre voiture.

Ce que dit précisément le nouvel arrêté

Le texte du 22 juillet 2026 actualise les règles applicables au gazole ainsi qu’aux essences E5 et E10. Son article 8 impose que, lorsqu’un supercarburant sans plomb contient des additifs métalliques, l’appareil de distribution affiche la mention « Contient des additifs métalliques » de manière visible et lisible. Sont concernés les volucompteurs distribuant du SP95, du SP98 et du SP95-E10.

L’arrêté fixe par ailleurs une teneur maximale en manganèse de 2 milligrammes par litre et met à jour plusieurs paramètres techniques. Point important : ce texte s’adresse aux professionnels qui mettent des carburants routiers à la consommation, pas aux conducteurs. Aucune démarche n’est demandée à l’automobiliste, et le prix affiché à la pompe n’est pas concerné.

Un additif métallique, qu’est-ce que c’est ?

Derrière cette expression un peu inquiétante se cache presque toujours une seule molécule : le MMT, un composé à base de manganèse. Son rôle est d’augmenter l’indice d’octane du carburant à moindre coût. Il a été utilisé comme solution de remplacement après l’interdiction du plomb dans les carburants routiers, effective en France depuis 2000.

Le problème n’est pas la combustion en elle-même, mais ce qu’elle laisse derrière : le manganèse forme des dépôts dans la ligne d’échappement. C’est précisément pour cette raison que le législateur européen a imposé l’étiquetage. L’objectif était d’éviter que les automobilistes n’invalident sans le savoir la garantie de leur véhicule. Un constructeur peut en effet exclure de sa garantie les dommages liés à un carburant non conforme à ses préconisations, et certains carnets d’entretien déconseillent explicitement les carburants additivés.

Une obligation qui date en réalité de 2010

C’est le point que beaucoup de reprises de l’arrêté passent sous silence. L’obligation d’affichage ne date pas de cet été : elle figure déjà dans un arrêté du 10 décembre 2010 relatif aux additifs métalliques dans le supercarburant sans plomb et le SP95-E10. La réglementation professionnelle du secteur pétrolier la reprend depuis des années, dans des termes quasi identiques.

Le plafond de 2 mg de manganèse par litre n’est pas neuf non plus. Il découle de la directive européenne 2009/30/CE, qui avait limité l’additif à 6 mg par litre à partir du 1er janvier 2011, puis à 2 mg par litre à compter du 1er janvier 2014. La même directive imposait déjà l’affichage de la mention partout où un carburant additivé est proposé aux consommateurs. Autrement dit, l’arrêté de juillet 2026 ne crée pas une règle : il réécrit une règle existante à l’occasion d’une mise à jour plus large des tableaux de caractéristiques des carburants.

Risquez-vous vraiment d’en croiser à la pompe ?

La réponse est plutôt rassurante. Le MMT est très encadré dans la logistique pétrolière française. Un carburant qui en contient ne peut être introduit dans une capacité de stockage banalisée qu’avec l’accord de toutes les parties partageant ce dépôt. Or, dans un système où les dépôts sont largement mutualisés entre distributeurs, cette seule condition rend l’usage du MMT très marginal sur le territoire.

Concrètement : si aucune mention de ce type ne figure sur la pompe où vous faites le plein, c’est simplement que le carburant n’en contient pas. L’étiquette est un signalement ponctuel, pas un avertissement généralisé sur la qualité de l’essence française.

Le vrai changement technique concerne le gazole

Il est passé largement inaperçu et il est pourtant plus substantiel. L’arrêté aligne la réglementation française sur les normes NF EN 590 pour le gazole et NF EN 228 pour l’essence sans plomb, toutes deux actualisées par le Comité européen de normalisation en juillet 2025.

Pour le gazole, une nouvelle exigence porte sur le nombre de particules solides : un maximum de 10 000 particules d’au moins 4 micromètres, mesuré au seul point de certification du carburant. L’enjeu est la propreté du gazole livré, donc la durée de vie des systèmes d’injection à haute pression, très sensibles aux impuretés. Pour les propriétaires de diesels récents, c’est une bonne nouvelle : moins de particules dans le carburant, c’est moins de risques d’usure prématurée sur des injecteurs qui coûtent cher à remplacer.

Nos conseils pratiques d’automobiliste

Une réglementation qui protège plus qu’elle n’alarme

Cette nouvelle mention à la pompe n’annonce ni dégradation de la qualité du carburant, ni surcoût pour les conducteurs. Elle relève de la conformité entre professionnels : c’est au distributeur de garantir que le carburant respecte les caractéristiques réglementaires, pas à l’automobiliste de les contrôler. La transparence, elle, reste bienvenue.

Chez Attirance Auto, nous décryptons chaque jour les évolutions réglementaires qui touchent votre budget et votre véhicule. Carburants, entretien, fiscalité, nouveautés : retrouvez nos analyses pour rouler l’esprit tranquille et faire les bons choix au bon moment.

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