
À un peu plus de trois mois de l’échéance, la règle des 5 mètres devant les passages piétons s’impose progressivement dans les villes françaises. D’ici le 31 décembre 2026, toutes les communes devront avoir supprimé le stationnement sur cette distance en amont de chaque passage clouté, sous peine de voir leur responsabilité engagée en cas d’accident. Pour les automobilistes, cette réforme signifie déjà moins de places disponibles en centre-ville, mais aussi un risque bien réel de contravention pour ceux qui continuent à se garer trop près des passages.
Cette règle n’a rien d’une nouveauté surprise : elle découle de la loi d’orientation des mobilités (LOM), votée en 2019, et inscrite à l’article L.118-5-1 du Code de la route. Le texte impose qu’« aucun stationnement ne peut être établi sur la chaussée à moins de cinq mètres en amont des passages piétons, dans le sens de la circulation », à l’exception des espaces réservés aux vélos et aux engins de déplacement personnel. Les communes disposaient de sept ans pour s’y conformer, en retraçant leur marquage au sol, en installant des bornes, des jardinières ou des arceaux à vélos, ou tout simplement en supprimant les places concernées. Avec l’échéance de décembre 2026 qui approche, de nombreuses municipalités accélèrent désormais les travaux, ce qui explique la multiplication des chantiers de voirie observée ces dernières semaines.
L’objectif est purement lié à la sécurité routière. Un véhicule garé juste avant un passage piéton masque la visibilité réciproque entre le conducteur qui arrive et le piéton qui s’apprête à traverser. Selon les données du Cerema, à 30 km/h sur chaussée sèche, la distance d’arrêt d’un véhicule avoisine 13 mètres en tenant compte du temps de réaction. Dégager cinq mètres avant chaque passage redonne au conducteur une marge de perception et de freinage déterminante, en particulier pour repérer un enfant ou une personne à mobilité réduite qui s’engage sur la chaussée. Les associations de sécurité routière rappellent que la visibilité aux abords des passages piétons figure parmi les principaux facteurs aggravants des accidents impliquant des piétons en agglomération.
Le stationnement dans la zone des cinq mètres est classé comme « stationnement très gênant », une infraction de quatrième classe. Concrètement, cela expose à :
Autre précision utile : la zone interdite se situe uniquement en amont du passage, dans le sens de circulation du véhicule. Se garer juste après un passage piéton reste autorisé, dès lors qu’aucune autre règle de stationnement ne s’y oppose (bateau, arrêt de bus, place réservée, etc.).
Concrètement, cette mise en conformité se traduit par la disparition progressive de milliers de places de stationnement dans les centres urbains, un chiffre que plusieurs collectivités locales ont commencé à documenter à mesure que les travaux avancent. Certaines municipalités profitent de ces réaménagements pour végétaliser les espaces libérés, installer du mobilier urbain ou créer de nouveaux emplacements pour deux-roues, dans une logique plus large d’apaisement de la circulation en zone urbaine. Pour les automobilistes habitués à se garer au plus près de leur destination, l’équation du stationnement en ville devient donc un peu plus contrainte, en particulier dans les quartiers denses où chaque mètre carré de voirie est disputé.
La règle des cinq mètres devant les passages piétons n’est pas une mesure anecdotique : elle redessine progressivement le visage du stationnement urbain en France, avec une échéance ferme fixée au 31 décembre 2026. Mieux vaut donc intégrer ces nouvelles habitudes dès maintenant plutôt que de découvrir la sanction lors d’un simple arrêt minute près d’un passage clouté. Que vous cherchiez à mieux comprendre les évolutions du Code de la route, à comparer une assurance auto adaptée à votre usage, ou à choisir votre prochain véhicule, l’équipe d’Attirance Auto continue de décrypter pour vous l’actualité automobile et de vous accompagner dans toutes vos démarches liées à la conduite et à l’achat de votre voiture.