
La recharge des voitures électriques devient un terrain de bataille commercial. Début octobre 2026, E.Leclerc a de nouveau abaissé son tarif à 0,17 €/kWh sur ses bornes en courant alternatif, passant sous les 0,18 €/kWh affichés par Lidl. Pour les conducteurs, c’est une excellente nouvelle pour le portefeuille, à condition de bien comprendre ce que ces tarifs recouvrent.
Tout a commencé durant l’été 2026, quand Leclerc a lancé sa recharge à 0,19 €/kWh, un niveau très inférieur à celui des opérateurs classiques. Lidl a rapidement répliqué avec un tarif encore plus bas, avant que l’enseigne de Michel-Édouard Leclerc ne reprenne la main avec un nouveau tarif à 0,17 €/kWh.
Leclerc ajoute un petit coup de pouce : la moitié du montant de la première recharge est créditée sur la carte de fidélité du client. Un argument de plus pour attirer les nouveaux utilisateurs dans ses parkings.
Pour mesurer l’intérêt de ces offres, un petit calcul suffit. Une citadine électrique consomme en moyenne autour de 15 à 17 kWh pour 100 km. À 0,17 €/kWh, cela donne environ 2,55 à 2,90 € les 100 km. À titre de comparaison, une essence consommant 6 litres aux 100 km coûte plusieurs fois plus cher à l’usage, même avec des carburants à des niveaux modérés.
Pour une berline ou un SUV plus gourmand, à 20 kWh/100 km, la facture monte à environ 3,40 € les 100 km. Une batterie de 50 kWh rechargée complètement représente alors à peine 8,50 €, un tarif que peu d’opérateurs de recharge rapide peuvent égaler.
Ces prix attractifs ont une contrepartie. Les bornes concernées sont des bornes en courant alternatif (AC) limitées à 22 kW. Dans la pratique, beaucoup de véhicules n’acceptent pas plus de 7 à 11 kW en AC. Il faut donc compter plusieurs heures pour faire un plein significatif.
Ce modèle convient parfaitement à une recharge pendant les courses : 45 minutes à 1 h 30 dans un magasin permettent de récupérer entre 10 et 15 kWh, soit de 60 à 100 km d’autonomie. En revanche, il n’est pas adapté à un long trajet d’autoroute où l’on cherche à repartir vite.
Ces tarifs bénéficient surtout aux conducteurs qui n’ont pas de borne chez eux, notamment en appartement. La recharge publique coûte en effet souvent entre 0,40 et 0,70 €/kWh sur les réseaux rapides. Pouvoir recharger à 0,17 €/kWh pendant ses courses hebdomadaires change l’équation économique de la voiture électrique et rapproche son coût d’usage de celui d’une recharge à domicile.
Cette concurrence entre enseignes de grande distribution pourrait aussi pousser les opérateurs traditionnels à revoir leurs grilles tarifaires. C’est un mouvement à suivre dans les prochains mois, alors que le parc de véhicules électriques continue de croître en France.
Autre point positif : ces bornes se trouvent sur des lieux fréquentés au quotidien, ce qui évite de détourner son trajet. Beaucoup d’automobilistes y voient une façon simple d’intégrer la recharge à leur routine, sans y consacrer un temps supplémentaire ni changer leurs habitudes de déplacement.
La guerre des prix entre Leclerc et Lidl est une aubaine pour les propriétaires de voitures électriques : 0,17 €/kWh, c’est un coût d’énergie très compétitif. Elle ne remplace toutefois pas la recharge rapide pour les longs déplacements, et elle suppose d’accepter des temps de charge plus longs.
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