
Alors que cinq pays européens ont déjà donné leur feu vert, la France maintient sa position : le Tesla FSD, ce système de conduite dite « entièrement automatique supervisée », n’est pas autorisé sur les routes françaises. Le ministre des Transports Philippe Tabarot a détaillé mi-août 2026 les raisons de ce refus, et elles concernent directement la sécurité de tous les automobilistes.
Le sigle FSD signifie Full Self-Driving (supervised), traduit en français par « conduite entièrement automatique (supervisée) ». Contrairement à l’Autopilot déjà commercialisé en France, qui se limite à un régulateur adaptatif et à un maintien dans la voie (niveau 2 sur l’échelle SAE), le FSD se rapproche d’un niveau 4 : il gère les changements de voie, les intersections, les ronds-points et la mise en sécurité du véhicule dans de très nombreuses situations.
Attention toutefois au vocabulaire : même dans les pays où il est autorisé, le FSD reste classé comme une aide à la conduite avancée. Le conducteur doit garder les mains sur le volant et rester attentif, une caméra d’habitacle surveillant d’ailleurs son regard. Tesla propose déjà l’option sur son configurateur français, par abonnement à 99 € par mois, en pariant sur une future évolution de la réglementation.
Les Pays-Bas ont ouvert la voie au printemps 2026 en devenant le premier État de l’Union européenne à homologuer le FSD supervisé, après de longs mois de tests. La Lituanie et l’Estonie ont suivi par reconnaissance mutuelle, puis le Danemark et la Belgique en juin.
La France, elle, refuse d’entériner automatiquement cette homologation nationale et attend une validation à l’échelle européenne. « En France, on considère que ce système apporte un certain nombre de progrès technologiques mais que les contreparties en termes de sécurité ne sont pas encore suffisantes pour une autorisation en l’état », a expliqué le ministre des Transports.
C’est l’argument le plus frappant. Selon le ministère, le FSD adapte sa vitesse au flux de circulation, quitte à enfreindre le Code de la route. « Nous avons constaté que le système permet d’effectuer des dépassements de vitesse. S’il constate que les véhicules autour de lui roulent plus vite, il peut rouler à 70 km/h au lieu de 50 si le trafic circule à cette vitesse », précise Philippe Tabarot, évoquant des cas relevés jusqu’à 50 % au-dessus de la limite autorisée.
Pour un automobiliste français, la conséquence serait immédiate : un excès de vitesse reste un excès de vitesse, quel que soit le système qui conduit. Amende, retrait de points, voire suspension de permis en cas de grand excès : la responsabilité retomberait dans les faits sur le conducteur.
Le second reproche porte sur le risque de confiance aveugle. « Selon les données dont nous disposons, le système ne permet pas de garantir un niveau d’attention optimal du conducteur en ville et pendant les manœuvres les plus complexes, comme les changements de voies, les passages d’intersection ou de ronds-points », détaille le ministre.
Ce point rejoint un débat plus large sur les aides à la conduite : plus un système paraît performant, plus le conducteur relâche sa vigilance, et plus le temps de reprise en main en cas d’imprévu s’allonge. Un phénomène bien documenté par les organismes de sécurité routière.
Autre difficulté : l’autorité néerlandaise des transports refuse de rendre publiques les données techniques ayant servi à l’homologation, au nom du secret des affaires réclamé par Tesla. Difficile, dans ces conditions, pour les autres États de contrôler un système dont le fonctionnement reste confidentiel. Les échanges techniques se poursuivent entre la France, les Pays-Bas et le constructeur.
C’est le nœud juridique du dossier. Le ministre rappelle que le conducteur reste pénalement responsable même lorsqu’une aide à la conduite est activée. Le Code de la route prévoit pourtant que le constructeur est tenu responsable des infractions ou blessures survenues pendant que le système de conduite automatisé exerce le contrôle du véhicule, à condition qu’il soit utilisé conformément à ses conditions d’emploi.
Tout le problème est là : comment vérifier cette conformité si personne, ni le législateur ni l’automobiliste, ne peut s’assurer que le système est conçu pour respecter les règles ? Tesla a d’ailleurs déjà été épinglé par la répression des fraudes pour l’ancienne appellation « capacité de conduite entièrement autonome », jugée trompeuse.
Le gouvernement se dit favorable au développement de la conduite autonome et vise l’homologation de véhicules réellement autonomes en France dès 2027. Une feuille de route est en cours d’élaboration avec d’autres États membres pour harmoniser les règles à l’échelle européenne. Le refus actuel ressemble donc moins à une fermeture qu’à une exigence : celle d’un cadre commun, vérifiable et transparent.
En attendant, la prudence reste de mise face aux promesses marketing. Chez Attirance Auto, nous suivons pour vous l’évolution de la réglementation et des technologies embarquées afin de vous aider à faire les bons choix. Consultez nos guides et nos actualités pour rester informé avant votre prochain achat.